L’association du bac acier et du platelage bois représente une solution technique innovante qui répond aux exigences modernes de durabilité et d’esthétique. Cette combinaison permet de créer des terrasses parfaitement étanches tout en conservant le charme authentique du bois naturel. Les professionnels du bâtiment adoptent massivement cette approche hybride qui garantit une protection optimale contre les infiltrations d’eau tout en offrant une surface agréable à vivre.
Cette méthode constructive nécessite une maîtrise technique approfondie des DTU en vigueur et une compréhension précise des interactions entre les différents matériaux. La réussite du projet dépend essentiellement de la qualité de la préparation du support et du respect des règles d’étanchéité. Chaque étape de la mise en œuvre conditionne la pérennité de l’ensemble , depuis le dimensionnement structural jusqu’aux finitions périphériques.
Préparation et dimensionnement du bac acier pour support de terrasse bois
Le dimensionnement du bac acier constitue l’étape fondamentale qui détermine la stabilité et la durabilité de l’ensemble de la structure. Cette phase requiert une analyse précise des contraintes mécaniques et environnementales auxquelles sera soumise la terrasse. Les calculs doivent intégrer non seulement les charges permanentes et variables, mais également les efforts dynamiques liés aux conditions d’utilisation.
Calcul des charges permanentes et variables selon l’eurocode 1
L’Eurocode 1 définit les méthodes de calcul des actions sur les structures et impose des valeurs de référence pour les terrasses accessibles. Les charges permanentes incluent le poids propre du bac acier (généralement 8 à 12 kg/m²), de l’étanchéité (3 à 5 kg/m²), de l’isolant éventuel et de la structure bois. Une terrasse standard doit supporter une charge d’exploitation de 350 kg/m² minimum , correspondant à un usage résidentiel normal avec mobilier et occupants.
Les charges climatiques nécessitent une attention particulière selon la zone géographique. La charge de neige varie de 45 kg/m² en zone A1 à 180 kg/m² en zone E2, tandis que les actions du vent dépendent de l’exposition et de la hauteur du bâtiment. Ces paramètres influencent directement le choix du profil de bac acier et l’espacement des appuis.
Choix du profil bac acier T40, T60 ou T135 selon la portée
Le profil T40 convient parfaitement aux portées inférieures à 2,5 mètres avec une épaisseur minimale de 0,75 mm. Son inertie de 4,8 cm⁴/m offre une résistance suffisante pour les applications résidentielles courantes. Ce profil représente le compromis économique optimal pour les projets de dimensions modestes.
Pour les portées de 2,5 à 4 mètres, le profil T60 devient indispensable avec son inertie de 12,6 cm⁴/m. L’épaisseur recommandée passe à 0,88 mm minimum pour garantir la stabilité sous charges. Le profil T135, réservé aux grandes portées dépassant 4 mètres, offre une inertie exceptionnelle de 72,8 cm⁴/m mais nécessite une épaisseur d’au moins 1,0 mm.
Vérification de la pente minimale 1,5% pour évacuation des eaux
La pente d’évacuation constitue un paramètre critique pour la pérennité de l’étanchéité. La valeur minimale de 1,5% imposée par le DTU 43.1 assure un écoulement gravitaire efficace vers les points d’évacuation. Cette pente doit être régulière sur l’ensemble de la surface, sans contre-pente ni point de stagnation.
L’implantation des évacuations d’eaux pluviales suit des règles précises : une évacuation pour 150 m² maximum de surface collectée, avec un diamètre minimal de 100 mm. Les trop-pleins de sécurité, positionnés 20 mm au-dessus du niveau normal, constituent une protection indispensable contre les débordements.
Installation des solives métalliques IPE ou HEA pour structure porteuse
Les solives métalliques assurent la transmission des charges vers les appuis et participent à la stabilité d’ensemble. Le choix entre profils IPE et HEA dépend des contraintes de hauteur disponible et des moments de flexion à reprendre. Un IPE 120 convient généralement aux portées courantes , tandis qu’un IPE 140 ou 160 s’impose pour les grandes portées.
L’espacement des solives respecte un module de 1,20 à 1,50 m selon le profil de bac choisi. Les fixations sur la structure porteuse utilisent des boulons haute résistance de classe 8.8 minimum, avec rondelles d’appui pour répartir les efforts. L’interface avec la maçonnerie nécessite des platines d’ancrage dimensionnées selon les efforts à transmettre.
Mise en œuvre du système d’étanchéité multicouche sur bac acier
Le système d’étanchéité multicouche sur support bac acier combine plusieurs fonctions essentielles : barrière à l’eau, régulation de la vapeur d’eau et protection mécanique. La réussite de cette mise en œuvre dépend de la compatibilité entre les différents composants et du respect des températures d’application. Chaque couche remplit un rôle spécifique dans la performance globale du système.
Application du primaire d’accrochage bitumineux ou polyuréthane
Le primaire d’accrochage assure la liaison entre le support métallique et la membrane d’étanchéité. Les primaires bitumineux en solution solvant offrent une excellente adhérence sur acier galvanisé ou prélaqué. Leur application au rouleau ou au pulvérisateur respecte un taux de 200 à 300 g/m² selon la porosité du support.
Les primaires polyuréthane monocomposant présentent l’avantage d’un séchage rapide et d’une compatibilité étendue. Leur application nécessite une hygrométrie inférieure à 80% et une température comprise entre 5 et 35°C. Le temps d’attente avant pose de la membrane varie de 2 à 6 heures selon les conditions atmosphériques.
Pose de la membrane EPDM monocouche ou bitume APP/SBS
La membrane EPDM monocouche de 1,2 mm d’épaisseur constitue une solution moderne et performante. Sa pose s’effectue par collage intégral avec adhésif néoprène ou par fixation mécanique périphérique. La technique de collage offre une meilleure résistance au soulèvement mais nécessite des conditions météorologiques favorables.
Les membranes bitume modifié APP/SBS bicouche représentent l’approche traditionnelle éprouvée. La première couche de 3 mm est soudée au chalumeau directement sur le primaire, suivie d’une seconde couche de 4 mm à finition minérale. Cette technique garantit une étanchéité durable mais requiert une expertise en soudage à la flamme.
La qualité de l’étanchéité dépend à 70% de la préparation du support et à 30% de la membrane elle-même
Traitement des points singuliers : relevés, pénétrations et joints
Les relevés d’étanchéité sur acrotères suivent une géométrie précise : arrondi de raccordement de rayon 3 cm minimum, hauteur de relevé de 15 cm au-dessus du niveau fini. Le renforcement par bande de pontage précède la pose de la membrane principale. La fixation mécanique en tête de relevé utilise des profilés métalliques avec joint d’étanchéité.
Les traversées d’équipements techniques nécessitent des manchons d’étanchéité préfabriqués. Ces éléments intègrent une bride de base soudée à la membrane et un système de serrage étanche sur le conduit. Chaque pénétration constitue un point faible potentiel qui requiert une attention particulière lors de la pose.
Installation du pare-vapeur selon le DTU 43.1
Le pare-vapeur limite les transferts de vapeur d’eau depuis l’intérieur du bâtiment vers l’isolant. Sa résistance à la diffusion de vapeur (Sd) doit être adaptée au climat et au type de local. Une valeur Sd de 18 m convient aux locaux à hygrométrie normale, tandis que 90 m s’impose pour les locaux humides.
La pose s’effectue en indépendance totale par rapport au support, avec recouvrement des lés de 8 cm minimum. Les adhésifs butyl ou les bandes autocollantes assurent l’étanchéité des recouvrements. Les relevés sur éléments verticaux remontent à 15 cm au-dessus de l’isolant prévu.
Conception du système de drainage et évacuation des eaux pluviales
Un système de drainage efficace constitue la garantie de longévité pour une terrasse bois sur bac acier. L’évacuation des eaux pluviales doit être dimensionnée selon l’intensité pluviométrique régionale et la surface de collecte. Les DTU 60.11 et 60.5 définissent les règles de calcul des débits et le dimensionnement des installations.
La collecte des eaux s’organise selon un réseau hiérarchisé : gouttières périphériques, descentes d’eaux pluviales et canalisations d’évacuation. Une pente régulière de 0,5% minimum dans les gouttières assure l’écoulement gravitaire vers les naisances. Le calcul hydraulique intègre un coefficient de majoration de 1,5 pour tenir compte des feuilles et débris.
Les avaloirs de terrasse, positionnés aux points bas, comportent obligatoirement une grille de protection et un siphon déconnecteur. Le diamètre de 100 mm constitue le minimum réglementaire pour éviter les obstructions. L’étanchéité entre l’avaloir et la membrane s’effectue par bride de serrage avec joint EPDM. Les trop-pleins de sécurité, dimensionnés pour évacuer le débit de pointe, se situent 20 mm au-dessus du niveau normal d’évacuation.
La ventilation du vide sanitaire sous la terrasse participe à l’évacuation de l’humidité résiduelle. Des grilles d’aération, représentant 1/150ᵉ de la surface au sol, assurent un renouvellement d’air permanent. Cette ventilation prévient les phénomènes de condensation et contribue à la préservation de la structure bois.
Réalisation de l’ossature bois et fixation mécanique sur bac étanche
La conception de l’ossature bois sur support étanche nécessite une approche spécifique qui préserve l’intégrité de l’étanchéité tout en assurant la stabilité mécanique. Les techniques de fixation traversante font appel à des systèmes d’étanchéité spécialisés qui maintiennent l’imperméabilité aux points de percement. Cette problématique technique impose des solutions constructives innovantes.
Dimensionnement des lambourdes bois classe 4 ou composite
Les lambourdes en bois classe 4 offrent une résistance naturelle aux champignons et insectes xylophages. Les essences tropicales comme l’ipé, le cumaru ou le teck présentent une durabilité exceptionnelle mais nécessitent un approvisionnement responsable certifié FSC. Le douglas traité haute température constitue une alternative européenne avec un excellent rapport qualité-prix.
Les lambourdes composites bois-polymère éliminent les problématiques de durabilité biologique. Leur stabilité dimensionnelle supérieure limite les mouvements différentiels, mais leur module d’élasticité inférieur impose une réduction de l’entraxe. Le coût initial plus élevé se compense par l’absence d’entretien et la garantie décennale étendue.
| Matériau | Section recommandée | Entraxe maximum | Durée de vie |
|---|---|---|---|
| Bois classe 4 | 45 x 70 mm | 600 mm | 25-30 ans |
| Composite | 40 x 60 mm | 400 mm | 25-50 ans |
Techniques de fixation traversante avec étanchéité des percements
La fixation traversante utilise des vis inox A4 de diamètre 8 mm minimum avec rondelles d’étanchéité EPDM. Ces rondelles, d’épaisseur 3 mm et de diamètre extérieur 20 mm, assurent l’étanchéité sous la tête de vis. Le couple de serrage de 15 à 20 Nm garantit la compression optimale sans risque d’écrasement de la membrane.
Les plots d’étanchéité préfabriqués constituent une alternative performante pour les fixations ponctuelles. Ces éléments intègrent une base adhésive compatible avec l’étanchéité et un insert fileté pour la fixation des lambourdes. Leur mise en œuvre simplifie le chantier mais impose une planification précise des positionnements.
Respect de l’entraxe 400mm selon le DTU 51.4
L’entraxe de 400 mm imposé par le DTU 51.4 pour les lames de terrasse de 20 mm d’épaisseur assure une déformation admissible sous charge. Cette valeur peut être portée à 500 mm pour des lames de 27 mm ou à 600 mm pour des lames de 40 mm. Le respect de cet entraxe conditionne la durabilité et le confort d’usage de la terrasse.
L’implantation des lambourdes suit un calepinage rig
oureux qui optimise la répartition des appuis tout en minimisant les chutes de matériaux. La planification intègre les contraintes de dilatation thermique avec des joints de fractionnement tous les 6 mètres dans le sens de la longueur.
Les aboutements de lambourdes s’effectuent obligatoirement sur appui, avec un décalage minimal de 500 mm entre joints successifs. Cette disposition évite les affaiblissements ponctuels et garantit la continuité mécanique de l’ossature. Un joint de dilatation de 3 mm minimum entre lambourdes permet l’absorption des mouvements hygrométriques.
Mise en place des plots réglables buzon ou jouplast
Les plots réglables constituent une alternative aux fixations traversantes qui préserve totalement l’intégrité de l’étanchéité. Ces systèmes reprennent les charges par appui simple sur la membrane, sans percement du complexe étanche. La gamme de réglage de 40 à 180 mm permet l’adaptation aux pentes d’évacuation et aux contraintes de niveau fini.
Les plots Buzon en polypropylène recyclé supportent jusqu’à 1000 kg par unité avec une base de répartition de 200 mm de diamètre. Leur système de réglage par pas de 5 mm assure une précision millimétrique des niveaux. La tête de plot intègre un système anticorrosion qui maintient la fixation des lambourdes dans le temps.
Les plots Jouplast proposent une approche modulaire avec bases interchangeables selon la nature du support. Leur conception alvéolaire limite le poids tout en conservant une résistance mécanique élevée. Le système de clips facilite la pose des lambourdes et permet leur démontage pour maintenance de l’étanchéité.
L’espacement des plots respecte la charge admissible unitaire en fonction des charges appliquées. Un calcul simple détermine l’entraxe : charge totale (kg/m²) divisée par charge unitaire du plot (kg), le tout multiplié par la surface tributaire. Cette méthode garantit un dimensionnement sécurisé sans surdimensionnement économiquement pénalisant.
Pose du platelage bois et finitions d’étanchéité périphérique
La pose du platelage représente l’étape finale qui révèle la qualité esthétique de l’ensemble tout en assurant la protection mécanique du complexe sous-jacent. Cette phase nécessite une attention particulière aux détails de finition qui conditionnent l’aspect visuel et la durabilité. Les raccordements périphériques avec les éléments fixes du bâtiment constituent des points sensibles qui requièrent des solutions techniques spécifiques.
La mise en œuvre des lames de terrasse suit un protocole rigoureux qui débute par l’implantation des traits de niveau et l’alignement des lambourdes. Une parfaite planéité de l’ossature porteuse conditionne la qualité finale du platelage. Les écarts de niveau ne doivent pas excéder 2 mm sous une règle de 2 mètres.
La fixation des lames s’effectue par vissage en biais dans les lambourdes avec des vis inox A4 de 50 mm minimum. Cette technique invisible depuis la surface préserve l’esthétique tout en assurant une tenue mécanique optimale. L’espacement entre lames de 6 à 8 mm permet l’évacuation des eaux de ruissellement et l’absorption des dilatations différentielles.
Les finitions périphériques intègrent des profilés d’about qui masquent les coupes et protègent les chants contre l’infiltration d’humidité. Ces éléments en aluminium thermolaqué ou en bois assorti au platelage assurent la continuité visuelle avec l’architecture existante. Leur fixation mécanique sur l’ossature évite tout contact avec l’étanchéité.
Une terrasse bois sur bac acier bien conçue peut présenter une durée de vie supérieure à 30 ans avec un entretien minimal
L’interface avec les éléments verticaux (murs, garde-corps, équipements) nécessite des joints souples qui absorbent les mouvements différentiels. Ces joints en EPDM ou silicone structural maintiennent l’étanchéité tout en permettant les dilatations thermiques. Le calfeutrement s’effectue après stabilisation dimensionnelle du platelage, généralement après un cycle saisonnier complet.
La protection des têtes de vis par bouchons en plastique ou en bois évite la corrosion et améliore l’aspect esthétique. Ces éléments de finition, souvent négligés, participent pourtant à la durabilité d’ensemble du système. Leur remplacement périodique constitue l’unique maintenance préventive nécessaire sur une installation correctement dimensionnée.
Le contrôle final vérifie la planéité générale, l’alignement des joints et la qualité des finitions périphériques. Un test d’étanchéité par aspersion permet de valider l’efficacité du système d’évacuation des eaux pluviales. Cette vérification préventive évite les désordres ultérieurs liés aux stagnations d’eau ou aux infiltrations.

